L'image
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Lire et produire des images : un défi pour l’école

 Les enfants passent environ 800 heures par an devant le petit écran ; 2 heures pour les 4-10 ans ; 2 heures 20 pour les 11-14 ans. Un apprentissage de la lecture et de la production d’image ne serait pas de trop dans nos classes.

 

On s’interroge de plus en plus sur l’impact des images sur le comportement de nos contemporains. Quelles influences l’image peut-elle avoir sur les enfants (de 2 à 15 ans) qui passent tout de même entre 2 h et 3 h par jour devant un écran de télévision, d’ordinateur ou de console vidéo ?

La revue « Relais » pour les animateurs ACE consacre un dossier intéressant sur le sujet. Dans ce dossier on y trouve quelques pistes pour mieux lire une image :

  • prendre le temps de nommer ce que je vois,
  • analyser les éléments formels (comment est faite cette image : plongée, contre-plongée, lignes…)
  • chercher ce qu’elle sollicite de mes cinq sens,
  • prendre conscience de ce qu’elle suscite en moi comme émotions et comme réflexions.

Si nous utilisons des images fixes en classe, quel temps nous accordons-nous pour échanger sur ces différents points.image.gif

Mettre des mots sur ce que l’on voit c’est enrichir le sens et la compréhension commune si l’échange sur l’image se fait en groupe. Un travail d’expression orale et de débat peut être pensé à partir d’une image.

Les éléments formels d’une image nous font entrer dans ce qu’on appelle la grammaire de l’image. Les différents plans et la prise de vue donnent des indications sur la place de celui qui a pris l’image et, peut-être sa volonté de dominer, d’écraser, de mettre en valeur... Les lignes, le jeu des couleurs et de la lumière nous informent sur la dynamique et l’ambiance générale.

D’autre part, il est intéressant de noter ce qui touche à nos cinq sens car le plus souvent, la vue n’est pas seule concernée lorsqu’on « décode » une image. En quoi l’image observée nous évoque-t-elle des sons, des goûts, des sensations de toucher ou autres ?…

Enfin, il faut parler de l’impact que l’image observée a sur nos sentiments et réflexions. Nous sommes souvent surpris par ce que l’autre dit de ce qu’il voit face àl’image que nous regardons ensemble. Cela est dû à la part subjective que chacun met  dans l’observation. Une image est polysémique et selon ce que je suis, j’y mets un sens qui m’est propre. Il y a donc grand intérêt à échanger avec d’autres et à s’habituer à faire un travail d’analyse pour éviter toutes interprétations hasardeuses.

Les nouveaux programmes nous invitent à développer chez les élèves cet esprit d’analyse face à la multiplicité des images qu’ils sont amenés à recevoir chaque jour. Il importe d’y passer du temps soit en observant des images, soit en en créant.

D.B